Réseaux sociaux, la seconde vie des jeunes Burkinabè

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Au « grin »[1], à table, pendant la récréation ou en plein cours ; ou encore, assis, couchés, et même en circulation, les jeunes burkinabè sont toujours « connectés ». C’est une véritable folie du net, et particulièrement des réseaux sociaux. Qu’en est-il réellement de la situation ?

En 2017, le taux d’accès à Internet au Burkina Faso était de10, 20 % (Source :Agence Ecofin). Ce qui lui conférerait la 10e place par rapport à l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest ; un résultatnon négligeable si l’on se réfère au contexte global africain.

Cette révolution numérique s’explique par une culture du net, qui, sans cesse, se développe au Burkina, etest soutenu par la présence sur le marché d’une multitude de produits technologiques (téléphones portables, tablettes, ordinateurs portables…) ; des produits de diverses marques et qualités, accessibles à tous les besoins et standings.

C’est ainsi qu’à chaque coin de rue, seuls ou en réseaux, l’on croise des jeunes, le regard plongé et noyé dans les signaux que leur renvoie l’écran de leurs Smartphones. Ces outils, c’est toute leur vie. Avec facebook, whatsApp, twitter, instagram, viber, etc., ces jeunes vont au-delà des fonctionnalités traditionnelles de la messagerie (SMS, MMS) et de l’appel téléphonique. Ils sont, à présent, non seulement consommateurs mais aussi acteurs, puisqu’ils peuvent désormais créer des contenus.

Pour les jeunes burkinabè, les avantages des réseaux sociaux ne sont plus à démontrer. Grâce à ces plateformes numériques, ils satisfont leurs besoins : besoin de communication, d’information, d’évasion et d’intégration. En clair, ces réseaux sociaux leur permettent de faire de nouvelles rencontres, se lier d’amitié, converser, publier des informations, se distraire, faire des recherches, ou tout simplement, s’identifier à un groupe social.Grâce Sanou, 19 ans est élève en classe de seconde C (Mathématiques et Physique) au Lycée privé « Le rônier » de Ouagadougou. Elle s’intéresse particulièrement aux deux réseaux sociaux que sont facebook et whatsApp.« Avec mes amis, je cause, je fais de nouvelles rencontres. Cela m’aide également dans mes recherches pour les exposés », nous explique la jeune fille.

Les réseaux sociaux sont véritablement entrés dans les mœurs des jeunes burkinabè, et cela en dépit des contraintes pécuniaires (cherté de la navigation) et des caprices du réseau (instabilité). Esther Somda est élève en classe de 1re G2 (Comptabilité) au Lycée technique de Ouagadougou. Elle consacrerait la moitié de son argent de poche mensuel (10 000 francs CFA) à la connexion. Mais à son avis, ce montant n’est pas comparable à tous les plaisirs et gratifications que lui procure le web.

Parallèlement, leséducateurs et des parents d’élèves s’inquiètent. Pour Bila Ilboudo (Sociologue),les réseaux sociaux ont bouleversé les rapports dans sa famille. « Je n’ai plus l’occasion de causer avec mon fils qui est tout le temps connecté. Même pendant l’heure du diner, il faut que je l’oblige à venir à table ». Mais Monsieur Bila assure qu’il n’a pas noté de changement dans le rendement scolaire de son enfant après lui avoir payé une tablette. Il nous explique, toutefois, que son contrôle parental et sa rigueur y sont pour beaucoup.

[1] Lieu fixe de rencontre d’un groupe d’amis, qui se retrouvent quotidiennement ou périodiquement pour prendre du thé, passer le temps et causer des questions existentielles (fréquent au Mali, Burkina, Niger, etc.).

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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