Projet ASPD-Nord_2020: Visite au Centre d’accueil, de prise en charge, de réinsertion sociale des malades mentaux

Panneau indicatif du Centre

1. Pourquoi les malades mentaux ?

Au Burkina Faso, lorsqu’on parle de troubles mentaux et du comportement à un public ordinaire, il vaut plutôt mieux d’employer le terme général « folie » pour se faire comprendre. Ces troubles très peu connus du public sont souvent attribués à des causes mystiques, à une « punition des ancêtres» etc. qui n’arrive comme une fatalité qu’aux autres, jamais à soi-même.

Pourtant, de l’avis du Professeur Arouna Ouédraogo, Chef du service de psychiatrie au centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, le plus grand hôpital du Burkina, « il y a environ 41 % de la population générale âgée d’au moins 18 ans, qui souffre d’au moins un trouble mental » (lire entretien accordé au Journal Le Pays)

Si cela est avéré, il serait intéressant de poser la question suivante au Burkinabè ordinaire : « savez-vous que sur 100 individus au Burkina, 41 sont fous» ? L’étonnement et la peur que suscite cette interrogation devraient lancer les jalons d’un dialogue de plus en plus inclusif envers les malades mentaux, car l’on se sent autant concerné. Et c’est l’objectif recherché par Aid and Save et HHI lorsqu’ils ont approché le Centre d’accueil, de prise en charge, de réinsertion sociale des malades mentaux dans le village de Kononga. Mais cela montre également l’ampleur du problème de santé mentale et la nécessité de sa prise en compte dans les politiques de santé publique.

Une autre étude menée sur la dépression (un cas particulier de trouble mental) dans les quartiers périphériques de Ouagadougou par Géraldine Duthé, Doris Bonnet & Clémentine Rossier montre que la santé mentale, qui pèse sur le développement socioéconomique et sanitaire des populations urbaines africaines, devrait être intégrée de manière plus systématique aux programmes de santé publique. Il y a donc une forte demande de santé mentale à ne pas négliger même si les efforts des organisations caritatives contribuent à combler ce vide tant bien que mal.

Dans un tel contexte, le Centre d’accueil, de prise en charge, de réinsertion sociale des malades mentaux situé dans le village de Kononga (à environ 5 Km de Ouahigouya), est un exemple à encourager. Il est également un choix privilégié parce que les pensionnaires sont suivis au service psychiatrique du CHU-Ouahigouya où travaille la majorité des membres de HHI.

2. Visite et Dons au Centre d’accueil, de prise en charge, de réinsertion sociale des malades mentaux dans le village de Kononga

C’est dans la journée du 27 Avril 2020 dans l’après-midi que l’équipe de HHI s’est rendue au village de Kononga. Ils ont été accueillis à leur arrivée par le Coordinateur du centre. Celui-ci a précisé qu’il ne pouvait pas avoir de contact physique avec les pensionnaires étant donné leur état de santé les rendant hostiles aux étrangers. Il explique alors que le Centre a existé pendant 10 ans avant d’être officiellement reconnu dans les années 2014–2015.

Certaines archives d’intégration réussie qu’il présente à travers des photos de pensionnaires, créent une forte émotion. Il explique également que le Centre bénéficie déjà du soutien de certains partenaires envers qui il est reconnaissant. Mais le Coordinateur est particulièrement touché par le geste de Aid & Save et HHI qui s’avèrent être les premiers donateurs depuis le début de la pandémie COVID-19.

Quelques photos des cas d’intégration reussis

Pour finir, il a exprimé sa grande satisfaction ainsi que son désir d’entretenir des relations avec Aid & Save et HHI au profit des malades mentaux dans la Région du Nord.

Photo de groupe avec le Coordinateur du Centre

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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