Un fil, quelques perles et une main d’or pour un résultat incroyable…

Judith Sawadogo à l’oeuvre

Judith Sawadogo, 28 ans, élève en Biomédicale à l’Ecole nationale de santé publique (ENSP). L’art, elle l’a dans le cœur, puisque c’est une histoire d’amour qui remonte à sa tendre enfance. Depuis toute petite, elle s’amuse à transformer des brins de balai en parures fantaisistes. Aujourd’hui, perles, paillettes et autres fioritures titillent son imagination. Couper, mesurer et créerfont dorénavant partie de la vie de la joaillère Judith Sawadogo.

Nous la rejoignons au domicile de son frère (sis au quartier Saaba de Ouagadougou). Elle nous fait asseoir à ses côtés dans ce qu’elle appelle son « atelier »(zone de travail de fortune aménagée sur la terrasse). Sur la chaise qui lui sert de table de travail, ciseaux, pinces, fils, aiguilles, perles et autres accessoires, disposés pêle-mêle, semblent se disputer la place. Toutefois, imperturbable, les conditions de travail de Judith ne semblent pas obstruer son génie-créateur.« Je confectionne des colliers, des boucles d’oreilles, des bracelets de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les qualités », nous informe-t-elle. Avec entrain, Judith s’applique à sa passion, persuadée que « c’est petit à petit que l’oiseau fait son nid ».

Beauté et subtilité. Ce sont les termes qui semblent qualifier au mieux le métier de joailler. Un métier qui nécessite un esprit fantasque mais pas seulement. Selon Judith, « la patience y est une règle d’or ».« C’est un travail minutieux. Tout travail artistique, si on veut le réussir, nécessite beaucoup de patience. Souvent, tu peux rater un modèle. Tu es obligé de reprendre tout à zéro. C’est des fois décourageant, mais quand on aime, on supporte », nous explique la jeune dame.

Sur sa page web « Tendance Perles », Judith Sawadogo fait la promotion de ses produits. Grâce à cette fenêtre numérique, elle a eu pas mal de visibilité et quelques commandes. Judith nous confie, toutefois, obtenir sa plus grande part de marché à travers le bouche-à-oreille. Ses articles, il y en a pour tous les besoins et standings. Cela est fonction de la qualité de la matière de base. « Mes bijoux coûtent entre 1000 et plus de 10 000 francs CFA. Tout dépend de la matière de base. Par exemple, il y a des perles qui sont en caoutchouc et d’autres en cristal. Ce sont deux matières totalement différentes », nous raconte-t-elle.

Les perles utilisées
Produits finis de colliers et boucles d’oreille

C’est au marché Sankar-Yaaré de Ouagadougou que Judith s’approvisionne. Elle y achète, en gros, tout ce dont elle a besoin pour fabriquer ses bijoux. Judith souhaiterait ouvrir une entreprise pour fabriquer et vendre ses bijoux, mais aussi pour former d’autres personnes désireuses d’apprendre le métier. Cependant, regrette-t-elle, elle n’en a pas les moyens pour le moment. En attendant, elle se perfectionne et se fait connaitre en vue d’occuper la place qui lui revient dans l’univers de la joaillerie au Burkina Faso.

Article de J. S.

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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