Portrait de Kady la mécanicienne

La mécanique au féminin : c’est un fait ordinaire sous d’autres cieux, mais qui relève d’un exploit dans le contexte burkinabè. Nous partons à la découverte de Kady, une jeune fille qui a osé briser les codes et donner vie à sa passion.

« La clinique moto », spécialisée dans la « vente des pièces détachées et dans le rodage de soupapes », située non loin du marché Katr-Yaarde Ouagadougou(5e arrondissement). Une entreprise forte de (6) employés.C’est ici que nous faisons la connaissance d’Adizète Ouédraogo, dite Kady, 22 ans. Une jeune fille, mécanicienne et fière de l’être.

« Ce que je fais actuellement ? On appelle ça le ‘’rodage des soupapes’’ », nous répond-elle d’un air assuré lorsque nous lui lançons la première question. L’on pourrait s’attendre à côtoyer une jeune fille hommasse tant le boulot qu’elle exerce semble réservé à la gent masculine. Mais au contraire, nous rencontronsun personnage petit et plutôt discret.

Kady travaille dans l’entreprise de son père il y a de cela trois (4) ans. Elle était, auparavant, élève en classe de seconde ‘’A’’ (Philosophie et Lettres). Cependant, nous confie-t-elle, elle y était inscrite par défaut. « J’aurais voulu faire une branche technique, notamment la mécanique, mais mon père n’avait pas les moyens de payer ma scolarité ». Plus tard, poursuit-elle, j’ai abandonné les études pour me consacrer à la mécanique.

La jeune mécanicienne respire le courage

L’entreprise « La clinique moto » ouvre tous les jours à partir de 8h, à l’exception du dimanche. Quant à l’heure de fermeture, ironise la jeune fille, elle est variable. « Généralement, nous fermons aux environs de 20H. Mais il arrive que nous rentrons un peu plus tôt ou plus tard », indique-t-elle.

Pour l’heure, ce que Kady sait faire le mieux, ce sont « la segmentation et le rodage des soupapes ». Mais elle assure travailler d’arrache-pied afin de peaufiner ses connaissances et apprendre de nouvelles pratiques en mécanique.

Cependant, dans l’exercice quotidien de son activité, Kady confesse buter contre d’énormes difficultés. Au sommet de celles-ci, elle place les pesanteurs sociales. « Plusieurs personnes ont tenté, sans y parvenir, de me dissuader (parmi lesquelles mes propres ami(e)s). Selon elles, la mécanique, c’est un métier d’homme». Il y en a même, nous signifie-t-elle, qui ont mis en doute mes compétences et qui continuent de me narguer.

Toutefois, la jeune mécanicienne reconnait être moins avantagée dans l’exercice de certaines tâches, à cause de sa condition de femme. « Des fois, il ya certaines tâches que j’exécute difficilement parce que je suis moins forte que mes collègues hommes ».

Pour Monsieur Ouédraogo, le père de Kady, c’est une fierté de voir sa fille embrasser le métier qu’il exerce depuis 32 ans. « Je lui souhaite beaucoup de chance et de courage dans sa vie de mécanicienne », laisse-t-il entendre.

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

Love podcasts or audiobooks? Learn on the go with our new app.