Phénomène des filles-mères: des personnes laissées pour compte

Elles sont adolescentes en majorité et des fois, elles ont moins de 15 ans ;dans la plupart des cas, elles ont atteint le lycée, mais on les retrouve aussi au primaire. Il s’agit des filles-mères, ces jeunes fillesqui mettent au monde des enfants par accident, des enfants qu’elles n’ont pas désirés.

Des chiffres exhaustifs ne sont pas disponibles, mais on estime qu’au cours de l’année scolaire 2011–2012, 1016 cas de grossesses non désirées en milieu scolaire auraient été enregistrés dans 7 régions du Burkina(sur un total de 13).

Au Burkina, Le contexte socioculturel ne tolérant pas les grossesses hors mariage, les jeunes filles sont chassées hors du domicile familial. Les auteurs de ces grossesses, dans la plupart des cas, refusent aussi de reconnaitre la paternité de l’enfant. Ce qui met la jeune-fille dans une situation difficile.Les chiffres de la Direction régionale de l’Action sociale et de la Solidarité nationale de la région du Centre (Ouagadougou) ne sont pas plusreluisants. En 2015, 159 cas de recherche de paternités et 77 cas de paternités contestées ont été enregistrés.

Délaissées par leurs familles et les auteurs de leurs grossesses, ces filles-mères abandonnent le chemin de l’école et sont contraintes de regagner la rue. Précocement responsabilisées, elles sont contraintes de se battre pour assurer la pitance du jour et s’occuper de leur enfant. Ce qui les expose à poser d’actes qui lèsent leur dignité: la mendicité, à la prostitution, l’exposition aux pires formes de travail et à l’esclavage.

La perspective d’une telle vie pousse de nombreuses filles à avorter clandestinement, non sans risque. Selon les chiffres de l’OMS, quelque 70000 jeunes filles en meurent chaque année et 97% d’entre elles proviennent des pays en développement, comme le Burkina Faso.

Les institutions du pays essayent de prendre la situation en main et ne jure que par la prévention et la lutte contre les grossesses non désirées en milieu scolaire. De nombreux projets sont alors mis sur pied ; ils passent d’abord par la méthode de la sensibilisation. Les jeunes filles sont alors informées sur les différentes méthodes contraceptives et sur les conséquences des grossesses non désirées sur les études.

Cependant, la résolution définitive de cette question ne sera possible que si les familles elles-mêmes s’impliquent dans l’éducation sexuelle de leurs protégées. Or, considéré comme tabou, le sexe n’est pas un sujet de causerie en famille au Burkina.La jeune fille découvre et apprend tout d’elle-même et de ses amis, à ses risques et périls.

C’est à ce niveau que doivent intervenir l’Etat et les structures de lutte contre les grossesses non désirées : sensibiliser les parents à faire de l’éducation sexuelle de leurs enfants une priorité.

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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