Le combat mondial contre le paludisme

Raymond S., Etudiant en médecine, Burkina Faso

Le paludisme ou encore malaria est une maladie parasitaire endémo-épidémique, tropicale et intertropicale. Elle est caractérisée par la présence dans l’organisme, associée ou non à des manifestations symptomatiques, d’un parasite des globules rouges appartenant au genre Plasmodium et transmis à l’Homme par la femelle d’un moustique du genre Anophèles. Cinq espèces de Plasmodium sont responsable du paludisme humain. Il s’agit du Plasmodium falciparum, P. malariae, P. vivax et P. Knowlessi. La mortalité est principalement due à P. falciparum qui est de loin l’espèce la plus redoutable, la plus prévalente dans la région Afrique de l’OMS, où elle a été à l’origine de 99,7% des cas de paludisme en 2017.

Le paludisme est l’une des plus vieilles affections de l’humanité. Des monuments de l’Egypte ancienne en font référence. On l’identifie dans de nombreux manuscrits de Hippocrate et Gallien. Dès le IIe siècle avant Jésus-Christ, les Grecs et les romains font la relation entre la présence de ces fièvres et la proximité des terrains marécageux d’où le mot paludisme, palu : marais, et malaria : mal aria (mauvais air).

En 1630, après la conquête de l’Amérique, Francisco Lopez s’aperçoit que les fièvres intermittentes réagissaient spectaculairement à la prise de l’écorce de Quinquinia. En 1820, Pelletier et Coventou découvrent la quinine et le premier antipaludique la Pamaquine a été synthétisée, la chloroquine en 1934. L’utilisation d’insecticide interviendra dès la fin de la deuxième guerre mondiale.

Depuis sa création, l’OMS ne cesse de s’attaquer à cette endémo-épidémie. En 1957, elle lança une vaste campagne d’éradication de paludisme basée sur la lutte au DDT et la chimio-prophylaxie de masse à la chloroquine. Ce fut un échec du fait de la résistance des moustiques aux insecticides, et du plasmodium à la chloroquine depuis 1961. L’OMS ne s’avouera pas aussitôt vaincu. En 1998, une nouvelle campagne de lutte dénommée Roll Back Malaria (Faire Reculer le Paludisme) a été entrepris. Après deux décennie, le paludisme reste cependant plus que jamais d’actualité un véritable problème de santé publique dans le monde. Les estimations de l’OMS en 2017 font état de 219 millions de cas de paludisme dans le monde dont la plupart des cas (200 millions ou 92%) ont été enregistré dans la région Afrique de l’OMS. Quinze pays d’Afrique Subsaharienne (dont le Burkina) et l’Inde ont concentré quasiment 80% du nombre total de cas de paludisme dans le monde. Le nombre de décès dus au paludisme a été estimé à 435 000 dans le monde. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés avec 61% soit 266 000 des décès associés au paludisme dans le monde. La région Afrique de l’OMS paie le plus lourd tribu avec 93% des décès liés au paludisme en 2017. Le Burkina Faso occupe le troisième rang avec 6% de décès derrière le Nigeria (19%) et la République Démocratique du Congo (11%). L’OMS est en guerre contre le paludisme et près de 3,1 milliard de dollar US ont été investis en 2017 pour le contrôle et l’élimination du paludisme, dont les ¾ dirigés vers la région Afrique de l’OMS. Depuis Mai 2015, l’Assemblée mondiale de la santé a adopté une nouvelle stratégie dénommée la stratégie technique mondiale contre le paludisme 2016–2030 pour venir à bout de ce fléau. Déjà, le Paraguay a été certifié exempt de paludisme en 2018, et bientôt le tour de certains pays comme l’Algérie, l’Argentine, l’Ouzbékistan, voir même la chine et El Salvador.

Dans de nombreux pays, comme le Burkina Faso, les défis à relever restent énorme. Ce sont les financement nationaux et internationaux inadéquates, l’émergence continue de la résistance du parasite aux médicaments antipaludique et la résistance du moustique aux insecticides. En novembre 2018, une nouvelle approche dénommée High burden to high impact a été lancée par l’OMS et ses partenaires pour remettre la lutte contre la paludisme sur la bonne voie.

Les recherches actuelles sont axées sur la mise au point d’un vaccin (le RTS-S en expérimentation). Mais en attendant que l’efficacité et l’innocuité de celui soit prouvé, son autorisation de mise sur le marché, accordée, c’est dans la prévention qu’il faut gagner le pari de cette guerre contre le paludisme : la lutte anti-vectorielle à travers les Moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue Durée d’Action MILDA (50% de la population en Afrique aurait été protégée en 2017 grâce aux MILDA) ainsi que le traitement préventif, intermittent chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans par la chimio-prophylaxie du paludisme saisonnier.

La guerre contre le paludisme est loin d’être gagnée ici et maintenant. L’échéance 2030 pour l’évaluation de la stratégie technique mondiale contre le paludisme n’est plus loin. Alors attendons voir !

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Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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Achille Sawadogo

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