Jeûne musulman : De la bouillie le matin, des galettes et des dattes le soir…

Depuis le 6 mai dernier, les musulmans du Burkina observent le 3e pilier de l’islam : le jeûne musulman. Un mois durant, de l’aube au coucher du soleil, ils devront s’abstenir de boire et de manger. De nombreuses familles musulmanes ont alors changé leurs habitudes alimentaires. Le petit-déjeuner matinal fait de café ou de croissants laisse désormais place à la bouillie de petit mil. Quant aux dattes et aux bonnes galettes, elles font dorénavant office de dessert.

La bouillie est un aliment très prisé des burkinabè. Elle peut être faite à base de petit mil, de riz ou de maïs. De nombreuses familles la consomment durant ces moments de jeûne, très tôt le matin. Si elles ne la concoctent pas à la maison, elles se la procurent auprès des vendeuses. Lesquelles se frottent bien les mains. « Pour que la bouillie soit prête à temps, je me lève aux environs de 3h du matin. Je vends très bien en tout cas. Je ne me plains pas du tout. Je peux avoir entre 2500 et 5000 francs CFA. Des familles entières viennent souvent payer », avance madina, vendeuse de bouillie.

Le Prophète Mohamed lui-même n’aurait-il pas préconisé ceci : « Si l’un d’entre vous veut rompre le jeûne, qu’il le fasse avec des dattes parce qu’elles sont une bénédiction, et s’il n’en trouve pas, qu’il rompe le jeûne avec de l’eau parce qu’elle est une purification » ? De nombreux musulmans ont manifestement suivi le conseil du Prophète, car s’il y a un aliment qui ne manque pas à l’appel des assiettes durant la rupture du jeûne, c’est bien les dattes : ces fruits charnus, oblongs et sucrés, dont les valeurs nutritives ne sont plus à démontrer. Et c’est tout naturellement qu’Omar a abandonné son travail de vendeur d’unités ou profit de celui de commerçant de dattes. Cela lui rapporte beaucoup, plus qu’avant, nous confie-t-il.

Que dire des galettes, ces gâteaux sucrés, ronds et plats faits à base de riz, de petit mil ou de maïs ? Dans la famille Yada ici au secteur 51 de Ouagadougou, c’est une tradition. Tous les soirs, Seydou Yada, père d’une famille de cinq membres, consacre 300 francs CFA à l’achat de galettes. « Ce n’est pas une obligation. Moi-même j’aime les galettes. Donc je paie tous les jours, sauf quand on arrive en retard et qu’on trouve que c’est déjà fini », explique-t-il.

Bouillie, dattes, galettes, des aliments que l’on retrouve beaucoup dans les assiettes pendant ces moments de jeûne. Toutefois, ce n’est pas une règle d’or. Ceux qui en sont allergiques ou qui n’en ont pas les moyens s’en abstiennent tout simplement…

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Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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Achille Sawadogo

Achille Sawadogo

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner