Entretien avec une déplacée interne, Région du Centre Nord, Kaya, Burkina Faso

« La question d’eau est un vrai problème pour nous », déplore S.S

Son nourrisson dans les bras, S.S est assise sous l’ombre d’un arbre et scrute le ciel. Cela résume son quotidien depuis qu’elle a fui son village situé à quelques encablures de la ville de Kaya (chef-lieu de la région du Centre-nord). Attristé par cette situation dans laquelle elle vit, cette mère de plusieurs enfants regrette sa vie d’y a quelque mois. Elle y vivait paisiblement avec son époux et ses enfants, partait au champ et au marché comme bon lui semblait. Et pouvait préparer le menu qu’elle voulait pour le repas. Mais tout cela relève du passé car du fait de l’insécurité tout a changé à jamais.

Mis à part de problème d’infrastructures pour accueillir les déplacés, S.S en tant que femme est confronté à la corvée eau et à l’accès au bois de chauffe pour faire la cuisine. « Nous n’avons pas d’argent pour payer le bois de chauffe pour la cuisine encore moins de l’argent pour payer de l’eau. La question d’eau est un vrai problème pour nous, car nous avons du mal à en avoir comme nous le souhaitons », a-t-il laissé entendre. Et de poursuivre en ces termes : « imaginez-vous que le bois de chauffe de 200 francs CFA ne suffit même pour chauffer quelque chose ». N’en parlons pas de l’eau ou non seulement il faut aller s’aligner des heures pour espérer avoir une ration et venir se débrouiller avec.

Et pour ne rien arranger, il y a beaucoup de moustiques. Ce qui donne le paludisme aux enfants. « Lorsque les enfants tombent malade et que nous partons en consultation on nous prescrit des produits. Mais en réalité ces produits-là ne soignent pas le mal. On nous remet du paracétamol. Du coup nous sommes obligés de nous débrouiller trouver de l’argent pour payer d’autres produits », a-t-elle souligné. Donc la gratuité des soins pour les femmes et les enfants de zéro à cinq ans est loin d’être une réalité dans ce centre d’accueil.

Elle reconnait que le gouvernement fait des efforts pour leur venir en aide, mais les difficultés demeurent et perdurent depuis des mois. Ce qui est insupportable à vivre. Son souhait est que la paix revienne au Burkina afin que la situation redevienne comme elle était. Pour elle toute aide qui viendrait d’une bonne volonté serait la bienvenue pour atténuer leurs souffrances.

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Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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Achille Sawadogo

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Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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