Agriculture biologique au Burkina Faso: Convient-elle à notre niveau social ?

L’agriculture biologique est une méthode de production agricole qui exclut le recours à la plupart des produits chimiques. Dans un pays comme le Burkina où la productivité est faible due à plusieurs facteurs, cette agriculture peut-elle prospérer ?

Le secteur agricole constitue une composante essentielle de l’économie du Burkina Faso. Il contribue pour 35 % au produit Intérieur Brut (PIB) du pays et emploie 82 % de la population active, selon le Ministère de l’agriculture, Politiques agricoles à travers le monde — Fiche pays — Burkina Faso, 2015. La production agricole repose sur les cultures céréalières (sorgho, mil, maïs et riz), principales cultures vivrières, sur le coton, principale culture de rente, sur l’élevage, l’arboriculture et le maraîchage. Cependant, malgré les progrès réalisés au cours des dernières années, cette agriculture souffre d’une faible productivité avec pour corollaire le problème alimentaire. Ces constats se justifient par les facteurs défavorables tels que les aléas climatiques, la baisse de la fertilité des sols due à l’utilisation intensive de produits chimiques, le manque d’organisation des filières, la faiblesse des investissements, l’insuffisance de formation des ressources humaines…

Il est temps de repenser notre système agricole. Le modèle agricole proposé par certaines firmes internationales, basé sur une agriculture industrielle (introduction massive d’intrants chimiques) a montré leurs limites. Ces conséquences désastreuses sur la vie humaine et sur l’environnement, ne sont plus à démontrer. La destruction des espèces animales comme les oiseaux; l’infertilité masculine ; les cancers ; les avortements spontanés ou les graves malformations fœtales et les intoxications aiguës, sont autant d’illustrations.

Pour juguler les dangers liés à l’utilisation massive des pesticides chimiques, de nombreux initiatives locales et collaboratrices émergent et montrent la voie à suivre. Comme en témoignent des organisations de la société civile regroupées en réseau telles que le Conseil national de l’agriculture biologique connu sous l’abréviation CNABIO. Ces organisations ont non seulement bouté hors du pays des Hommes intègres, certaines firmes à savoir la firme Monsanto mais également ont porté des innovations développées avec les groupements paysans mettant la priorité sur l’alimentation locale et la production agro écologique et agro biologique.

Ce type d’agriculture utilise des intrants bio ou pesticides bio n’utilisent pour protéger vos jardins, les potagers et préserver l’espèce humaine, végétale et animale. Ils sont disponibles dans le commerce local et il est aussi possible d’en fabriquer certains soi-même. La fumure organique faite à base de déchets animal et végétal en est un exemple. Comme pesticides bio, Il y en a à base de graines de neem, de piment, etc. Cette production est véritablement à la portée de nos paysans car utilisant toutes les matières naturellement.

Mais cette rupture avec les pratiques industrielles ne saurait prendre place si au sommet de nos sociétés (l’Etat), des résolutions politiques ne sont pas prises pour aider les paysans et même les consommateurs à produire et consommer local.

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Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner

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Achille Sawadogo

Achille Sawadogo

Mandela Washington Fellow, for Young African Leaders — Civic engagement — Development Cooperation, Economist, Project Management skills, Free learner